Histoire

Situé sur la commune du Theil (Allier), le Château de Fontariol, appartient à un groupe caractéristique de l’architecture médiévale défensive du Bourbonnais. Ce groupe architectural est constitué d’une trentaine d’édifices dont la construction répond à des impératifs communs. Il s’agit pour l’essentiel de constructions constituées d’un logis quadrangulaire flanqué sur sa façade principale d’une tour contenant un escalier à vis et cantonné aux angles de la façade opposée d’une ou plusieurs tours. Autre élément commun, ces constructions ont été érrigées sur une période d’une centaine d’années, du milieu du XVe siècle au milieu du XVIe siècle. Il est en fait difficile de procéder à des datations précises, autres que stylistiques, du au manque d’archives caractérisant ces châteaux.

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Au plan géographique, le château se situe à une altitude de 450 m sur le versant nord d’une colline dominant la route de Saint-Pourçain au Montet. Cette route reprend le tracé de l’ancienne voie romaine Avaricum (Bourges) – Lugdunum (Lyon). Sa situation dominante donnait à Fontariol une position de contrôle de la route.  Au sud, le château est bordé par les bois du Max, tel que déjà décrit au XVIe siècle.  Selon les premiers éléments cadastraux datant du XIXe siècle, le château était entouré de vastes étangs épousants le contour de la colline. Ces fossés naturels, dont il subsiste quelques pièces d’eau, pouvaient constituer une défense du point de vue militaire mais surtout, une réserve de vivres.

La date précise de construction du château n’est pas connue, elle serait due à un gentilhomme nommé Vigier, qui semble tenir Fontariol vers 1500. Cette seigneurie faisait alors partie de la Châtellenie de Verneuil en Bourbonnais dont elle relevait pour la justice. Petit château rural, Fontariol a, dès l’origine, une destination domestique et agricole sans pour autant en effacer les aspects défensifs, bien que réduits et sans prétention d’efficacité réelle. Ces derniers sont plutôt l’expression d’une volonté d’affirmer le statut social du constructeur, ainsi qu’en témoignent les tours, dont l’utilité architecturale s’accompagne du rôle de symbole d’une certaine noblesse. Ainsi, plusieurs familles d’officiers des Ducs de Bourbons se succédèrent à Fontariol.

XVe et XVIe siècles

Les archives manquent pour une caractérisation précise de l’origine de Fontariol comme de l’identité de ses propriétaires. On peut tout au mieux estimer la construction du manoir aux environ de 1450 et l’on peut faire l’hypothèse, basée sur l’inventaire du Bourbonnais réalisé en 1502 à la demande de Anne de Bourbon que le château décrit alors comme  » une « maison environnée de fossés » est la propriété de Mayet Vigier… à moins qu’il ne s’agisse de Claude de Dreuil pour « une maison, motte et basse-cour ». Il est impossible à ce jour de conclure.  Plus tard, en 1569, on retrouve mention de Fontariol dans l’ouvrage de Nicolas de Nicolay (Générale description du Bourbonnais) comme de « Fontériau, Chasteau-fort  décoré d’un grand bois »…

XVIe et XVIIe siècles

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En 1574 François de Mars, Chevalier, converti au protestantisme, Gouverneur de la forteresse de Bourg-en Bresse pour François 1er est propriétaire de Fontariol. Sa fille Antoinette apportera Fontariol en dot à Antoine Forget en 1602. Antoine Forget, Ecuyer, Secrétaire de la Duchesse de Lorraine et Antoinette de Mars auront un fils, Paul,  vers 1605. Celui-ci deviendra en 1635  Seigneur de Fontariol, La Quérie, La Molière et Saint Romain. Paul Forget était notamment, Premier Capitaine du Roi au Régiment Lyonnais… Le domaine va ensuite être cédé par les descendant de la famille de Mars à la famille de Louan. Il ne reste pratiquement aucune trace des éventuels aménagements ou transformations qu’aurait subi le domaine au cours des XVIe et XVIIe siècles, on peut cependant faire l’hypothèse que ceux-ci furent mineurs.

XVIIe et XVIIIe siècles

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Les conditions de cession de Fontariol à la famille de Louan restent inconnues mais, il semble que celle-ci ait eu lieu autour de 1640. En effet, en 1643,  Claude de Louan, Ecuyer, Procureur d’Office en la justice du Theil est alors le Seigneur de Fontariol. Il semblerait que le domaine passe ensuite, pour un temps, aux mains de la famille de Saulnyer. Ce seront, François de Saulnyer, Ecuyer,  autour de 1650, puis Jean-Louis, son fils, avant de retourner à la famille de Louan  en 1688, ou Pierre de Louan, Seigneur de Persat, La Jolivette et du Plex qui vit alors à Voussac au château de la Mothe (La Motte-Verger) acquiert le fief de Fontariol, peut-être suite à saisie et vente aux enchères. Fontariol est alors loué à un fermier,  Pierre de Louan accorde un bail de 6 années à titre d’accents à Pierre Gueston et sa femme, marchand fermier des Genevriers pour le fief et Maison de Fontariol et ses deux domaines en dépendant. Le fief revient en 1702 au cadet des enfants de Pierre de Louan,  André, Ecuyer, Seigneur de Fontariol et de L’Escure et il semble par ailleurs que l’exploitation fermière des domaines  reste dans les mains de la famille Gueston jusque dans les années 1730 soit, pendant plus de 40 ans.

Des trois enfants d’André de Louan, c’est Elisabeth Marguerite, la cadette née en 1714, qui reçoit le fief de son père et « fait foi et hommage » pour Fontariol en 1760. Elisabeth de Louan de Fontariol occupera le château de façon intermittente jusqu’en 1775, au cours de cette période plusieurs familles de fermiers se succéderont pour l’exploitation des domaines agricoles. C’est très probablement à Elisabeth de Louan que l’on doit les aménagements et transformations de la partie Ouest du manoir dans le style de la fin du XVIIIe siècle, tranchant nettement avec la partie Est, restée dans le style Renaissance avec sa salle seigneuriale et ses fenêtres à meneaux.

En 1775, Elisabeth de Louan laissera Fontariol en viager à son cousin Charles de Biotière de Chassincourt, Marquis de Tilly, Brigadier Général des Armées du Roy sous Louis XVI. Le Marquis de Tilly ne garde Fontariol que quatre ans puisqu’il vendra le domaine en 1779.

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En 1779, Gilbert Joseph Boucaumont des Garennes, « Avocat en Parlement et Lieutenant en la Maîtrise des eaux de Montmaraud » acquiert Fontariol auprès du Marquis de Tilly et « fait foi et hommage ». Il décède en 1784.  Le château cédé à des bourgeois échappera aux aléas de la Révolution. En 1789 Jean Raccat, vigneron à Bransat, est propriétaire du château qui est alors occupé par son fermier.  Il vend une moitié du château à la veuve de Gilbert Boucaumont, Antoinette Michelon et, en 1795 ( 8 brumaire An IV) le domaine est partagé précisément en deux parties, entre Antoinette Michelon et la famille Raccat. En 1799, (18 Brumaire An VIII) Antoinette Michelon est propriétaire de la totalité de Fontariol, elle fait don à sa fille de la partie droite et à son fils de la partie gauche. Ce dernier la revend à un parent, Gilbert Boucaumont-Rozieres moins de deux ans plus tard en 1801.

XIXe siècle à nos jours…

Au cour du XIXe siècle et jusque dans les années 1970, le site deviendra principalement une exploitation agricole aux mains de notables locaux. Une partie du château est restée dans la famille Boucaumont jusqu’à sa vente en 1968 à leur ancien métayer devenu fermier. L’autre partie fut propriété de la famille Meilheurat (Député de l’Allier en 1837), depuis le début du XIXe siècle et sera vendue en 1964 à leur métayer  passé fermier.

Lors de son rachat en 1987 par la famille Pince, aux deux agriculteurs  qui en sont alors propriétaires, le domaine est ruiné et au bord de l’effondrement, faute d’entretien régulier depuis de nombreuses années. A partir de ce moment, le château retrouvera son unité et bénéficiera d’une restauration exemplaire grâce aux efforts de ses propriétaires.    Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques dès 1989, le domaine sera inscrit Monument Historique dans sa totalité en 2010. Il sera cédé par Monsieur Jacques Pince en 2018 à Carole et Christian Milla.